Après les Rroms, les Etudiant-e-s étrangers !

Publié le par Ledécroissant

Selon l’idée défen­due de l’« immi­gra­tion choi­sie », un véri­ta­ble sys­tème de sélec­tion et de sur­veillance des étudiants a été mis en place depuis 2006 avec la créa­tion des Centres pour les Études en France (CEF) ou Campus France. Néanmoins, Brice Hortefeux avec Valérie Pécresse va faire « le point sur l’explo­sion du nombre d’étudiants étrangers depuis le début de l’année. Au minis­tère de l’Intérieur et à l’Elysée, on sus­pec­te­rait les uni­ver­si­tés fran­çai­ses d’être, en fait, l’une des voies d’entrée sur le ter­ri­toire natio­nal de migrants économiques" Le Journal Du Dimanche du 05/12/10. 

Après la cam­pa­gne de stig­ma­ti­sa­tion des Rroms cet été, ce sont les étudiants étrangers qui sont main­te­nant visés par Hortefeux, comme étant des frau­deurs, uti­li­sant les visas étudiants pour rester en France comme tra­vailleurs et ainsi voler le tra­vail des Français, pom­pant les der­niers sous qui res­te­raient dans les cais­ses de la sécu­rité sociale !

Remettant, une fois de plus, la ques­tion de l’immi­gra­tion au centre du débat poli­ti­que, le gou­ver­ne­ment Sarkozy veut tou­jours plus poin­ter du doigt les étrangers comme les boucs émissaires et la solu­tion à la crise économique.

Le Réseau Universités Sans Frontières de son côté, est loin de faire cette obser­va­tion. Nous voyons plutôt des étudiants étrangers ayant soif d’appren­dre, de se former. Mais aussi des étudiants voyant leur espoir et leur projet partir en fumée à cause de déci­sions admi­nis­tra­ti­ves arbi­trai­res ! Globalement, nous cons­ta­tons tous les jours une dégra­da­tion crois­sante de leurs condi­tions de vie et la cons­ti­tu­tion d’une sous-caté­go­rie d’étudiants vivant dans la pré­ca­rité et l’angoisse la plus totale. La poli­ti­que de cri­mi­na­li­sa­tion des étrangers menée par l’Etat et le gou­ver­ne­ment, la mise en place du sys­tème Campusfrance, les limi­tes posées à l’accès au loge­ment et aux aides socia­les, l’intru­sion de la pré­fec­ture dans les déci­sions péda­go­gi­ques, l’ensem­ble des mesu­res de sélec­tion mises en place, par­ti­ci­pent à l’ins­tal­la­tion d’un climat xéno­phobe et natio­na­liste et s’oppo­sent à la réa­li­sa­tion d’un par­cours d’études serein. 

Le RUSF dénonce avec la plus grande fer­meté la poli­ti­que raciste et dis­cri­mi­na­toire du gou­ver­ne­ment, exige de mettre un terme à cette xéno­pho­bie orga­ni­sée et tra­vaille à établir des condi­tions d’accueil dignes et une égalité des droits pour tou-te-s les étudiant-e-s. Ainsi, le RUSF reven­di­que :
-  L’égalité des droits entre étudiant-e-s fran­çais-es et étrangers/ères !
-  L’aban­don de la sélec­tion par les pré­fec­tu­res, Campus france et consu­lats !
-  L’arrêt du juge­ment des pré­fec­tu­res sur les par­cours uni­ver­si­tai­res. L’ins­crip­tion et la déli­vrance des diplô­mes sans exi­gence de titre de séjour. 
-  Qu’une carte d’étudiant donne droit à une carte de séjour
-  La régu­la­ri­sa­tion de toutes les per­son­nes sans papiers, la liberté de cir­cu­la­tion et d’ins­tal­la­tion.

Nous appe­lons aussi le plus grand nombre à s’orga­ni­ser et se mobi­li­ser mas­si­ve­ment contre la nou­velle réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui cons­ti­tue un nou­veau pas vers la cri­mi­na­li­sa­tion et la pré­ca­ri­sa­tion des étrangers, contraire en tous points aux valeurs que nous défen­dons.


Réseau Universités Sans-Frontières

P.-S.

A Lyon, le RUSF se réunit, à 18h30, chaque premier et troisième lundi du mois à la Bourse du travail, place Guichard, dans le 3ème arrondissement (salle indiquée en bas).
Les permanences juridiques se déroulent le premier lundi du mois à 18h à la Bourse du travail
et le troisième jeudi du mois, à 18h30 au Centre Social Autogéré (18, rue des tables claudiennes, Lyon 1er).

Pour nous contacter :
rusf69 (Arobase) no-log.org

 

Source : HNS

Publié dans Soutien

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