« L’urgence écologique et sociale nous y pousse »

Publié le par Ledécroissant


Claude Llena est sociologue enseignant au centre régional de documentation pédagogique.

Qu’entend-t-on par décroissance ?

Il s’agit de vivre en ne mettant pas les biens matériels au cœur de ses préoccupations, mais de privilégier le lien, la solidarité, le respect d’autrui. C’est recentrer ce qui est essentiel. C’est l’être avant tout à la place de l’avoir. Il ne s’agit pas de revenir en arrière, ni d’un repli, mais de réfléchir à une autre consommation. Pour justement mieux avancer.
On le voit avec l’adoption de système d’échanges de services, de la production bio ou locale, du panier maraîcher proposé par les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap).

Appliquer la décroissance n’est pas qu’un engagement militant ?

L’urgence écologique et sociale nous pousse sur cette voie. C’est incontournable pour un certain nombre de Français. Ceux qui souhaitent consommer raisonnablement. Mais c’est vrai que lorsque l’on n’y est pas préparé idéologiquement, on peut le vivre mal.

N’a-t-on pas tendance à associer les décroissants à de doux rêveurs ?

Il y a des caricatures en espèce : les soixante-huitards, les hippies, le communautarisme. Or ce n’est pas cela. N’importe qui peut réfléchir sur le devenir de la société. Des gens comme les penseurs Georgescu ou Ivan Illich ne sont pas des farfelus. Pas plus que l’économiste François Partant, qui venait de Montpeyroux, dans l’Hérault, et qui a claqué la porte du système actuel pour penser à une autre alternative. Il était banquier. Il savait de quoi il parlait.

Pourquoi notre système est-il critiquable ?

On ne peut plus continuer cette course folle. La croissance se nourrit des dysfonctionnements de notre système. Elle s’autoalimente dans ses contradictions. La société compense, pense solutionner ses frustrations quotidiennes par toujours plus de consommation, d’argent. Tout ceci est un leurre.

Il faut savoir que les ressources de notre planète ne sont pas renouvelables et ont montré déjà qu’elles avaient des limites. On le voit avec le gaz, le pétrole, l’aluminium, les minerais, etc. La question essentielle, c’est de se demander si on a réellement besoin de tout ce que l’on nous propose aujourd’hui.
SOurce : MidiLibre

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