« On savait qu'il y avait des hydrocarbures à Nord-Gare »

Publié le par Ledécroissant

 

La gauche interpelle la Ville au sujet du déversement de gasoil dans la Marle. Le promoteur assure avoir rempli ses obligations pour éviter une telle pollution. Accident ou négligence ?

Enquête

 

Ça sent toujours un peu le gasoil en bas du terrain de la rue de Strasbourg où une cuve de 2 500 litres a fui la semaine dernière. Et quelques irisations huileuses se remarquent encore, çà et là, au niveau du barrage antipollution établi sur la Marle près des remparts.

« Les barrages restent en place pour capter les résidus de pollution, précise Gérard Thépaut, adjoint à l'environnement. Il est possible que les fortes pluies annoncées lessivent les réseaux d'eaux pluviales et amènent des résidus de gasoil. »

La Gauche vannetaise revient sur l'événement, dans un communiqué, en s'interrogeant sur les responsabilités en cause. « Pour un quartier qui doit s'inscrire dans une démarche de développement durable avec des immeubles Haute qualité environnementale, les premiers travaux démarrent plutôt mal », constatent Anne Camus et Nicolas Le Quintrec.

« C'est un aléa de chantier »

« Le site était connu, localisé et classé par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) comme étant pollué : Le Douarin Louis, épicier, Dépôt de liquide inflammable (hydrocarbures) ».

Une douzaine d'activités industrielles, autrefois localisées rue de Strasbourg, sont ainsi répertoriées sur le site du BRGM. « Les sols ne sont pas seulement pollués. Il existe là d'anciennes cuves contenant des hydrocarbures. » Plusieurs ont déjà été mises au jour. On peut les voir sur le chantier de démolition.

« Il est étonnant que l'entreprise n'ait pas été plus avisée du diagnostic préalable, obligatoire avant d'effectuer la démolition qui se devait d'être précautionneuse »,pointent les deux élus de gauche.

« Le vendeur d'un terrain doit s'assurer de la dépollution. Où se situe la responsabilité ? La ville de Vannes a cédé la délégation de ce chantier à un promoteur et à des architectes spécialistes de la requalification de friches industrielles... La mairie doit être beaucoup plus vigilante dans la rédaction de ses protocoles d'accord. »

Gérard Thépaut, rétorque que la Ville a fait son travail. « On ne va pas aller rappeler à une entreprise toutes les prescriptions qui lui sont imposées par la loi. Le groupe Giboire a commandé ces travaux. Ils sont de sa responsabilité. Il a en compte la sécurité, l'environnement. On ne peut croire que des entreprises de cette envergure travaillent n'importe comment ! »

L'adjoint met en doute le caractère pollué du site. « À ma connaissance, il ne l'est pas. Ce n'est pas la présence d'une cuve de fuel qui fait qu'un terrain est pollué. Sinon... Quelles que soient les précautions prises, on n'évitera jamais l'accident. Il faut une vigilance de tous les instants. C'est un aléa de chantier. »

 

Jean-Charles MICHEL.
Source : OuestFrance

 

Publié dans Ecologie

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